A chaque période, de nouvelles catégories cognitives sont élaborées pour concevoir et agir à travers de nouveaux dispositifs : la bibliothèque, le libelle, le droit d’auteur, la nouvelle, l’information, l’objectivité, le réseau social, parmi de nombreux exemples. Et chaque nouvelle configuration transforme les réseaux de la délibération politique comme de la délibération scientifique.

Avec
Jean-Louis Missika, professeur du Cnam, chaire d'Economie et gestion des industries numériques et des nouveaux médias
La leçon est placée sous le parrainage de
Xavier Niel, fondateur de Free.
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Les interactions entre les technologies cognitives et les pratiques de la politique et de la science sont à interroger.
Les technologies cognitives désignent l’ensemble des outils et des processus qui agissent sur les manières de percevoir, de penser et de connaître : la parole, l’écriture, l’imprimerie, la rotative, la radio, la télévision, le web en font partie.
Parce qu’elles sont des dispositifs de perception et de cognition, ces technologies transforment nos manières de voir, de juger, de communiquer, de travailler, de calculer ou de délibérer.
Elles transforment aussi les réseaux qui relient les individus les uns aux autres parce que chaque réseau associé à une technologie cognitive dispose d’une architecture originale.
La plupart des auteurs qui ont choisi cette approche sur la longue durée, qu’il s’agisse de Jack Goody, d’Elisabeth Eisenstein, de Robert Darnton, de Michael Schudson, de Marshall McLuhan, de Régis Debray ou de Milad Douheihi, insistent dans leurs travaux sur l’impact de ces technologies, sur la manière de faire de la politique et de faire de la science.
L’invention de l’Histoire comme discipline accompagne le passage des sociétés orales aux sociétés écrites, et les premiers traités comme les premières règles de droit sont gravées dans la pierre.
L’imprimerie a bouleversé les méthodes des sciences par la confrontation de textes intangibles et accessibles, et a permis la diffusion de la critique protestante du catholicisme.
Les médias électroniques ont contribué à la construction du premier espace public homogène. Et aujourd’hui Internet déconstruit cet espace public pour lui substituer un espace plus divers et désynchronisé.
A chaque période, de nouvelles catégories cognitives sont élaborées pour concevoir et agir à travers de nouveaux dispositifs : la bibliothèque, le libelle, le droit d’auteur, la nouvelle, l’information, l’objectivité, le réseau social, parmi de nombreux exemples. Et chaque nouvelle configuration transforme les réseaux de la délibération politique comme de la délibération scientifique.